Un graveur qui laisse le temps au temps par Dominique Sosolic
Date : 05/2006 - Magazine 13 - Rubrique Artistes
Virtuose de la gravure en taille-douce et professeur agrégé d'arts plastiques, Dominique Sosolic s'adonne aux plaisirs du cuivre dans son atelier de Dôle (Jura), situé dans la rue où naquit Louis Pasteur en 1822. Cet amoureux de l'estampe est l'auteur de textes sur l'histoire de la gravure, et de préfaces de catalogues d'exposition. Conférencier, on lui doit également des articles dans la presse française et internationale : "Le Monde", "Philadelphia Inquirer", "New York Post", etc.
Art et Artisanat
La rencontre entre Dominique Sosolic et la gravure il y a plus de 30 ans fut un véritable coup de foudre. Dans un atelier qu'il découvre en 1970, lors de ses études à l'école des Beaux-Arts de Paris et à la Sorbonne, la relation entre art et artisanat le fascine. La confrontation avec la matière dure et résistante qu'est le cuivre et l'aspect physique du travail avec des outils comme le burin et la presse le passionnent. La flamme ne s'est jamais éteinte depuis lors.
Art de la précision
L'eau-forte lui permet de se familiariser avec l'univers de la gravure. Cette technique consiste à creuser chimiquement le cuivre en dessinant sur la plaque vernie avec une pointe sèche pour mettre à nu le métal. En veillant bien à ne pas le toucher, puis à le plonger dans l'acide pour que les parties qui ne sont plus protégées par le vernis soient creusées. Ce processus est appelé la morsure par l'acide. L'artiste enlève ensuite le vernis puis encre sa plaque comme pour la gravure directe. Inspiré d'abord par Albrecht Dürer et Martin Schongauer, dont la précision était impressionnante, il mesure à quel point la minutie, la finesse des traits et le souci d'exigence sont importants. Chaque détail doit être soigneusement préparé dans un Art ou la pensée et le geste sont intimement liés.
Art de la subtilité
Le style fantastique, dans le sillage de Philippe Mohlitz, est son premier thème de prédilection. En associant le burin et le berceau pour la technique de la manière noire ou mezzotinto, qui permet d'obtenir toutes les nuances des demi teintes jusqu'au noir le plus profond et donc des effets proches de la peinture, il met en exergue toute la douceur qui peut émaner d'un support aussi rigide que le métal. à partir de 1975, les gravures de Dominique Sosolic sont à l'honneur dans des expositions particulières à la galerie Demange de Besançon, à la Fondation Taylor à Paris, au centre culturel français d'Alexandrie (égypte), à la galerie Wenniger de Boston (USA), etc. Il obtient, de 1982 à 1987, le 1" prix de la triennale de Charleville-Mézières, ville d'Arthur Rimbaud, et des biennales de Digne-Les-Bains et Ferrol (Espagne).
Art de la subtilité
Le style fantastique, dans le sillage de Philippe Mohlitz, est son premier thème de prédilection. En associant le burin et le berceau pour la technique de la manière noire ou mezzotinto, qui permet d'obtenir toutes les nuances des demi teintes jusqu'au noir le plus profond et donc des effets proches de la peinture, il met en exergue toute la douceur qui peut émaner d'un support aussi rigide que le métal. à partir de 1975, les gravures de Dominique Sosolic sont à l'honneur dans des expositions particulières à la galerie Demange de Besançon, à la Fondation Taylor à Paris, au centre culturel français d'Alexandrie (égypte), à la galerie Wenniger de Boston (USA), etc. Il obtient, de 1982 à 1987, le 1" prix de la triennale de Charleville-Mézières, ville d'Arthur Rimbaud, et des biennales de Digne-Les-Bains et Ferrol (Espagne).
Art « d'instruire, persuader et émouvoir »
Le travail en noir et blanc n'est qu'une étape dans le cheminement artistique de Dominique Sosolic, pour lequel la couleur devient un élément essentiel. Dans une réalisation en plusieurs couleurs, l'artiste grave autant de plaques que de couleurs nécessaires à son estampe. La place de chaque couleur est déterminée afin que les plaques soient gravées et encrées séparément. En 1996, les cours de Daniel Arasse à l'école des Hautes études en Sciences sociales lui apprennent comment l'affect de l'artiste peut donner des clés de compréhension de l'oeuvre. Empreintes de références historiques, culturelles et philosophiques, les réalisations de Dominique Sosolic sont inspirées par l'Art de la Renaissance à partir de 2002. Chaque estampe est une exaltante source de réflexion, foisonnant de clins d'oeil comme le profil de Gustave Courbet dans "La main et l'outil". L'observation de loin et de plus près donnent 2 visions totalement différentes de l'oeuvre, et divers axes de compréhension.
Art intemporel
Le temps est une donnée fondamentale pour Dominique Sosolic. Il aime représenter l'Art de la gravure dans toute son intemporalité, comme l'illustre la montre dans "La main et l'outil", qui se reflète sans aiguille dans le cuivre, et dont l'outil de graveur est devenu la mesure du temps. En outre, l'artiste pouvant consacrer suffisamment de temps à sa création pourra lui conférer d'autant plus de richesse, laisser mûrir sa pensée au fil de la création. Nicolas Poussin évoquait la pensée et les "pensements", à savoir tous ces éléments qui venaient étoffer la peinture au cours de la réalisation, pour laquelle il s'octroyait le temps de prendre du recul. Malheureusement, les impératifs modernes de productivité ne permettent pas souvent aux artistes de se laisser ce temps ...
Marc Horel
Dominique SOSOLIC - 59, rue Louis Pasteur
39100 Dôle
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