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Salon international de la gravure
Date : 05/2006 - Magazine 13 - Rubriques Associations / Modelage & Impression

Pour la cinquième fois, à l'automne 2005, le défi fut lancé et le succès atteint ; né par un vrai hasard local en 2001, le Salon international de la gravure, à Morhange, confortait l'idée - car l'exposition en soi ne prouve jamais rien - qu'il se trouve encore des artistes, des graveurs, désireux et capables d'employer une presse, de ceux qui, au regard général, créent l'image «contemporaine», façonnent le virtuel, inventorient (quelque peu désabusés) le réel et recueillent l'écume des jours. Loin de la mécanique multiplicatrice, la gravure demeure un art expérimental, fait de surprises et de rebonds, qui explore cette dimension que le poète Yves Bonnefoy notait un jour à propos d'une musique "toujours la même, dans sa différence absolue ».

Les images présentées au Salon international de la gravure répondent toutes à un même critère technique : il s'agit d'oeuvres sur papier, tirées à une ou plusieurs épreuves et obtenues au moyen d'une matrice gravée. Le bois et le cuivre furent les premiers supports utilisés par les graveurs. La gravure demeura longtemps, du reste, la seule technique permettant la multiplication de l'image. Dès le dernier quart du XVème siècle, imprimeurs et xylographes associèrent les bois gravés au texte typographié, souvent dans des livres à vocation didactique, portant notamment sur des sujets religieux. Plus tard, on eut abondamment recours à la gravure sur cuivre pour l'interprétation et la diffusion de chefs-d'oeuvre de la peinture ou de la sculpture, mais très vite la gravure devint un art de création autonome.
Si pour certains artistes, comme Rembrandt ou Picasso, elle ne représentait qu'un aspect de leur activité, d'autres, ainsi Callot ou Piranèse, se sont exclusivement dédiés à la gravure. L'estampe passe pour un genre plutôt intime et direct, qui se décline avant tout en noir et blanc. De fait, ce n'est que depuis la fin du XVIIème siècle que la couleur y fait son apparition.


Quand on y perd son latin

Tandis qu'en Italie, en Allemagne ou en Belgique, le public continue de priser les arts de l'estampe, en France, ils sont davantage méconnus, voire inconnus. Le public non-averti, en effet, distingue mal, le plus souvent, une eau-forte, aquatinte, burin, pointe-sèche, manière noire, lithographie...
Ne perd-on pas son latin dans le foisonnement de ces formes d'impression ?
Les posters et autres images industrielles ont fait oublier qu'une gravure ou une lithographie constituent, même imprimées à quelques exemplaires, des oeuvres originales. Contrairement au tirage mécanique, le mouillage à l'éponge, l'encrage au rouleau à la main, font que chaque épreuve ne saurait jamais être complètement identique à la précédente. C'est là que réside le charme, la magie.

La vitrine permanente d'un art intimiste

A l'heure de l'ordinateur et du numérique, il paraît urgent de créer des lieux où puissent être conservés la pratique, l'enseignement et les outils nécessaires à cet art majeur qu'est la gravure, vestige de cinq cents ans au moins de traditions et souvent promis à une disparition prochaine depuis une vingtaine d'années. Aujourd'hui ces machines et outils deviennent rares. Savoir-faire et matériel disparus ou en passe de l'être, suscitent pourtant, en raison même, peut-être, de cette précarité, l'intérêt d'un plus large public. Même spectaculaire, une machine n'est rien sans les hommes qui l'ont créée ou qui l'ont animée.

Sauvetage et restauration de la Maison du Bailli

Le 16 février 1953 fut créée l'association morhangeoise « Education et Culture ». Son président, M. Eugène Tauffreund, acheta la Maison du Bailli le 1er juin 1954. Les membres de l'AMEC, soucieux de préserver l'architecture du bâtiment, décidèrent de demander son inscription à l'Inventaire supplémentaire de monuments historiques, laquelle prit effet le 26 novembre 1993. Depuis cette date, la façade a été restaurée. Les disgracieux garages en ruine qui enlaidissaient l'environnement de la maison ont pu être retirés et un bel espace prolonge désormais le bâtiment, tout en lui apportant de la lumière. A ce jour, les salles disposent d'un éclairage adapté, rendant possible leur utilisation à des fins artistiques. Tous les ans depuis 2001, le Salon international de la gravure ouvre ses portes au public, début septembre. Il accueille des artistes français et étranger de grand talent, choisis avec rigueur, de manière à créer un événement artistique de valeur.

Jean François Chassating Conseiller artistique du Salon international de la gravure

Eve Pascal Présidente du Salon international de la gravure

Salon international de la gravure

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