Portrait d'un artiste libre : Fabio Secco
Date : 2000 - Magazine 01 - Artistes
Au départ rien ne disposait Fabio à devenir artiste. Maître d'hôtel de son état, il n'a découvert le travail de la pierre qu'à l'âge de 33 ans, en apportant son aide sur un chantier de restauration d'église. Rapidement la pierre est devenue une passion puis un métier. Fabio Secco travaille dans son atelier entouré de ses sculptures sous l'oeil bienveillant de Minoli le chat et Brutus le chien.
Fabio Secco est un sculpteur libre de toute influence. Il travaille le grès, la stéatite, le bois ou le métal, selon son désir ou son inspiration.
Comment travaillez-vous?
Chaque sculpteur possède sa méthode. Certains passent des heures à faire des dessins, puis s'appliquent à reproduire en volume ce qu'ils ont imaginé. Moi j'attaque directement. Parfois, je trouve ce que je veux, parfois je cherche et je ne trouve rien ou alors ça devient complètement autre chose. Ce qui me plaît dans la sculpture c'est de fouiller la pierre pour voir ce qu'on va en sortir. Bien sûr il y a toujours un risque, car on ne sait pas ce qu'il y a à l'intérieur de la pierre.
Comment avez-vous découvert la stéatite?
Je savais que cette pierre existait car j'en avais vu en Afrique. Dès que j'ai pu m'en procurer j'ai tout de suite été séduit. C'est une pierre qui a une belle couleur, de belles veines. Comme elle est facile à travailler, on peut plus facilement se laisser aller à donner du mouvement et à réagir en fonction du dessin de la pierre. C'est vraiment un matériau très sensuel. Ce qui est très agréable aussi c'est qu'on peut facilement travailler sur des petits morceaux. Très souvent je récupère les chutes dans mon atelier, et je m'amuse à les sculpter le soir dans ma cuisine ou dans mon salon. Avec la stéatite, on ne perd rien, le moindre petit morceau est utilisable.
Vous travaillez aussi le grès?
Le travail du grès est vraiment très différent. Il faut obligatoirement posséder un outillage professionnel pour dégrossir les gros blocs puis un burin pneumatique pour sculpter la pierre. Le rendu est lui aussi très différent, car c'est une pierre très rustique. Pour l'anecdote, aucun italien ne m'achètera jamais une sculpture en grès. Pour eux, c'est une pierre qui sert à monter des murs, par contre, ils apprécient la stéatite car elle se rapproche assez du marbre lorsqu'elle est bien polie. Par la richesse de ses couleurs, comme par la diversité des finitions possibles, la stéatite est très décorative.
Quels conseils donneriez-vous aux gens qui débutent?
L'essentiel, c'est de ne pas avoir peur de se lancer. En travaillant la stéatite par exemple, on ne prend aucun risque. Il suffit d'un minimum de matériel, tout le monde peut réaliser quelque chose. Mais le conseil principal c'est de se faire plaisir. Il ne faut pas s'obliger à obtenir tel ou tel résultat, il faut laisser parler ses mains. Je crois profondément que l'activité artistique doit rester quelque chose de très primitif. Pour plaisanter, je dis souvent à mes amis que moi je suis resté à l'âge de la pierre. Mais je crois vraiment qu'à l'époque d'internet et des ordinateurs, c'est un plaisir vital!
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