La papeterie Schut BV
Date : 2001 - Magazine 04 - Supports
Située au coeur des Pays-Bas, dans la périphérie de la ville d'Arnhem, la papeterie Schut est un exemple représentatif de ce mode de production. Fondée en entre 1618 et 1625, elle fut la propriété de la famille Schut du XVIIe siècle à 1982, date de son acquisition par le Papiergroep Vnp, groupe constitué de papeteries belges et néerlandaises. En 1998, une entreprise que nous connaissons tous, les papiers Clairefontaine, décide de prendre en main la destinée de cette petite papeterie en vue de développer sa gamme Beaux-Arts.
Les deux immenses pulpeurs de 600 litres, dans lesquels sont mélangés les différents constituants de la pâte à papier, sont la première curiosité de cette usine. Les hélices situées au fond du pulpeur défibrent la pâte à papier et assurent le mélange des constituants.
Composition de la pâte à papier
Comme nous l'avons vu dans la partie vous donnant quelques conseils pour fabriquer vousmêmes du papier, il s'agit en fait de mélanger la pâte à papier avec une grande quantité d'eau (entre 95 et 97 %). La pâte à papier est fabriquée à partir de fibres de cellulose issues du bois (chutes de scierie, éclaircies). Les fibres de cellulose sont séparées de la lignine par un procédé mécanique ou chimique. La longueur des fibres obtenues déterminera la résistance du papier: Les fibres longues (issues des résineux) sont utilisées pour un papier fort tandis que les fibres courtes (issues des feuillus) composent un papier de luxe destiné à recevoir un beau filigrane. Le coton est également utilisé, mais un certain type de papier. En effet, les fibres de coton sont beaucoup plus chères (jusqu'à 6 fois) que les fibres de cellulose. Dans le pulpeur, on ajoute on ajoute aux fibres de cellulose du carbonate de calcium qui améliore la blancheur du papier et favorise l'écriture. Le Kaolin ou le talc sont d'autres possibilités de charge minérale. Dans ce mélange sont également introduits de la colle pour lier les fibres et des colorants ou des azurants optiques pour optimiser la blancheur.
Il faut ensuite procéder au raffinage de ce mélange: le raffinage est obtenu par cisaillement et frottement des fibres entre des lames métalliques. Cette phase décisive va conférer au papier sa résistance et son aspect fondu.
Après le raffinage
La pâte est épurée, c'est-à-dire débarrassée de ses impuretés, par centrifugation (épurateur tourbillonnaire) et sous pression (épurateur à tamis). La pâte épurée est ensuite déversée dans la caisse de tête qui va la répartir uniformément sur la table plate pour former la feuille. Cette table est recouverte d'une toile qui va permettre une première évacuation de l'eau par égouttage et conduire à la formation de la feuille. éventuellement, la feuille va passer sous un rouleau filigraneur qui va marquer l'intérieur du papier.
Les feuilles passent entre des cylindres de pressage � section de presse �, recouverts de feutres en laine recueillant l'eau et donnant la structure de la feuille en marquant la surface, puis entre des cylindres de séchage chauffés à la vapeur (plus de 100�) � la sécherie � qui vont permettre d'évaporer l'eau que la force mécanique des cylindres de pressage n'a pas permit de retirer. à la fin de cette étape, le papier ne contient plus que 3 � 4 % d'eau.
La size press
Egalement appelée presse encolleuse, va permettre d'appliquer de l'amidon ou de la gélatine sur la feuille. La feuille passe dans un bain d'amidon qui va la rendre imperméable et lui donner d'excellentes caractéristiques pour l'écriture, l'impression et le dessin. Cet encollage va ensuite être séché et le papier va passer par des cylindres refroidisseurs. Il faut en effet éviter qu'il ne s'enroule chaud dans la bobine et faire en sorte de préserver sa forme plane. à la fin du �circuit�, des lisses vont peaufiner le satinage de la surface avant enroulage de la bobine mère. Cette bobine mère est ensuite rebobinée sur une bobine-refendeuse afin de la diviser en bobines filles. Les bobines filles s ont passées sous coupeuse pour obtenir le papier en feuilles. Suivent évidemment tous les contrôles de qualité effectués au sein d'un laboratoire.
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