La gouache est une couleur opaque à base d’eau, de gomme arabique soluble dans l’eau et parfois de miel. Elle se rapproche de l’aquarelle dans sa composition, même si plus de matières de charge comme le sulfate de baryum ou la glycérine sont utilisées. Sa consistance est pâteuse. La gouache est souvent associée à nos souvenirs d’école, car nous fûmes nombreux à l’utiliser dans les cours d’arts plastiques. Il s’agit en fait d’une des plus anciennes techniques picturales du monde. Les premières traces de la gouache apparurent sur les papyrus dès l’Antiquité égyptienne. A l’époque médiévale, elle fut la peinture des enluminures. Longtemps considérée comme une technique de décoration et non comme une technique picturale, elle fut utilisée par d’illustres artistes, comme Turner, Braque, et Picasso entre autres. Avant eux, les moines l’utilisaient pour orner leurs manuscrits
Le liant de la gouache
Le liant de la gouache étant soluble dans l’eau, la couleur peut être diluée une fois sèche. Les gouaches extra-fines comme Horadam et Linel peuvent s’appliquer au pinceau mais aussi au pistolet aérographe et à la plume grâce à leur composition savamment dosée de pigments et de liants. Elles permettent d’allier la fluidité de l’aquarelle à l’onctuosité de la peinture à l’huile. Leur consistance onctueuse rend l’application agréable et la forte concentration de pigments confère beaucoup d’intensité et de luminosité aux nuances.
Elles produisent une surface mate satinée en séchant. La gouache est vendue le plus souvent en tube. Lascaux propose également la gouache en flacon.
Quels supports et quel matériel utiliser ?
Le support d’une œuvre réalisée à la gouache doit être rigide (au moins 300 g/m²) et assez rugueux pour bien accrocher les pigments. Le papier, le carton, le contrecollé, un carton entoilé ou une toile enduite d’une fine couche d’apprêt sont d’excellentes surfaces pour peindre à la gouache. Contrairement à l’aquarelle, pour laquelle la blancheur du support pourra être mise à profit dans la composition et transparaître, la gouache ne requiert pas de support blanc en raison de son opacité. Les artistes apprécient les papiers gris, noirs ou de couleurs pour utiliser les teintes des parties non recouvertes produire des effets intéressants. Les peintres travaillant à la gouache ont tendance à colorer le fond avant d’entamer leur réalisation.
La palette peut être en verre, ou en plexiglas, posée sur un support blanc ou sur laquelle vous avez collé une feuille blanche pour bien visualiser les couleurs et les mélanges. Les pinceaux utilisés pour l’aquarelle conviennent parfaitement pour la gouache. En ce qui concerne les aplats et grands formats, nous vous conseillons une brosse en poils naturels ou un lettreur. Le Schlepper et le pinceau-jupon sont parfaits pour les fins détails. Pour ce qui est des produits auxiliaires, prévoyez du fiel de bœuf pour dégraisser un fond et améliorer l’adhérence aux surfaces grasses. Le fiel de bœuf favorise aussi l’uniformité de la couche picturale. La gomme arabique augmente quant à elle l’adhérence et l’imperméabilité des couleurs. Le vernis surfin apporte à la gouache un fini mat ou brillant et protège la peinture.
Peindre à la gouache
Bien qu’elle soit soluble dans l’eau, la gouache est surtout destinée à des applications opaques. Elle peut être employée pour la création graphique, la calligraphie, l’esquisse, l’illustration ou l’aérographie.
N’appliquez pas la gouache en couche épaisse : même si sa consistance pâteuse semble s’y prêter, le risque de craquelures est élevé, à moins d’ajouter de la gomme arabique. La gouache sera toutefois plus sombre en séchant et n’aura pas sa matité caractéristique évoquant le pastel. Elle peut d’ailleurs être travaillée avec du pastel ou servir de fond à une peinture à l’huile. À la différence de l’aquarelle et à l’instar de l’huile, la gouache s’applique en couches successives ou en grands aplats. Vous pouvez appliquer une couleur claire sur une couleur foncée.
La gouache sèche relativement vite, ce qui impose une grande rapidité pour les techniques humide sur humide. Une réalisation à la gouache sur un fond gris ou de couleur sera du plus bel effet. La gouache peut également servir de fond à une peinture à l’huile. Diluée, la gouache permet également de réaliser de sublimes glacis et effets aquarelles sur un papier de couleur. Le changement de lumière, qu’il s’agisse de la lumière naturelle ou d’un éclairage, dévoile plusieurs facettes de la peinture. Les possibilités de mélanges et de dégradés offertes par la gouache sont infinies. Il faut bien faire attention à ne pas avoir une couche de peinture trop épaisse pour éviter qu’elle ne se craquelle. A la fin, une peinture à la gouache doit être parfaitement protégée avec le vernis adéquat.
Exemple de réalisation avec Ulrich Lassek
La première étape consiste à appliquer les couleurs principales, les ombres puis à travailler les lumières. U. Lassek pose les jalons de sa composition avec le vert, le sépia et le blanc. L’artiste met ensuite en place la structure principale de sa réalisation avec du noir, du gris bleu et du blanc. Il esquisse les marches et peaufine la porte avec le gris neutre. La partie supérieure est travaillée avec du blanc et du gris. Les volets sont de couleur verte. Le peintre doit toujours faire jouer les couleurs et savoir changer de nuance pour imprimer un rythme. La touche fleurie de cette charmante entrée de maison est apportée avec du pointillisme. L’artiste utilise du jaune, du carmin et de l’orange pour cette note printanière. Les gouaches Horadam de Schmincke apportent beaucoup de vivacité et leur rendu se rapproche de celui du pastel. Les dégradés sont subtils et les touches de pointillisme très agréables. Il ne faut pas oublier de poser une couche de vernis surfin pour bien protéger la peinture.