0 article(s) 0,00 €
Déjà 6 ans ensemble sur www.geant-beaux-arts.fr
moyens de paiement
Garanties
Assistance
Rejoignez-nous sur Facebook, Twitter et Google+
Créez votre tampon à votre image
Netaffiliation
Emploi
 
Accueil > Le magazine > Au sommaire > Supports > L�invention du papier : de la Chine au Japon

L'invention du papier : de la Chine au Japon
Date : 2001 - Magazine 04 - Supports

Véritable révolution dans l'histoire de l'Humanité, la découverte du papier en Chine va trancher le noeud gordien qui avait taraudé tant de générations : concevoir un support à la fois stable, souple, esthétique et léger dont le coût de fabrication permettrait une diffusion à grande échelle, une �démocratisation� en quelque sorte.

Selon plusieurs études historiques, l'invention du papier, serait l'oeuvre de Cai Lun (également connu sous le nom de Tsai Lun), un haut fonctionnaire de la cour de l'empereur Ho, et remonterait à la première année de Yuan Xing, à savoir 105 après J.-C.. Les annales de la dynastie des Han nous révèlent que leur règne fut un des plus prolifiques de l'histoire et qu'ils parvinrent à cette époque à surmonter les difficultés posées par la technique de tissage des fibres pour la fabrication du papier.

Le papier de Chine était produit à base d'écorce de mûrier, de chanvre et de bambou. L'artisan faisait cuire tous ces éléments dans une lessive de cendres de bois et battait la pâte ainsi obtenue jusqu'à ce qu'elle soit homogène. Il utilisait ensuite de l'eau pour rendre la consistance de cette pâte plus fluide et l'étalait sur un tamis. Après la dernière phase, le séchage au soleil, le résultat de ce procédé minutieux transparaissait: une magnifique feuille de papier, la première de l'histoire.

Cette fantastique invention s'imposa dans les milieux culturels et artistiques. Beaucoup plus léger et moins onéreux que d'autres matériaux, le papier proliféra et devint rapidement le support de prédilection des scribes et des artistes.

Ce n'est que 500 ans après cette création chinoise, en 610 plus précisément, que le papier fit son apparition au Japon. Les Chinois avaient jeté les bases d'un procédé qui sera en fait le fil conducteur des papetiers à travers les siècles. Il s'agissait désormais de pérenniser cette technique et d'y apporter si possible quelques améliorations. Les Japonais étaient prêts à relever cette gageure.

Une tradition remontant à la nuit des temps

�Washi� est le terme utilisé au Japon pour désigner le papier fabriqué à la main. Ce papier est conçu à partir de fibres naturelles et ne contient que très peu de substances chimiques. La technique si particulière appelée �Nagashi-Zuki� confère au papier sa force et sa légèreté. Elle consiste à agiter la forme pour ordonner les fibres du mûrier dans le sens voulu et pour leur faire emprisonner de l'eau, qu'on déchargera ensuite à l'aide d'un tamis. Le papier Japonais offre une résistance exceptionnelle aux déchirures et aux plis tout en étant très malléable. Il permet ainsi de pratiquer l'art du pliage sans restriction et dans les meilleures conditions. Aucune substance chimique n'est utilisée pour le traitement des bandes d'écorce de mûrier. L'artisan va retirer les impuretés à l'aide d'une lessive de cendres. Le papier obtenu présente un pH neutre et une pureté absolue. Il ne contient ni chlore ni fer car aucun instrument ferrugineux n'a été utilisé lors de la préparation de la pâte. Le �Washi� est aujourd'hui utilisé pour la restauration de documents anciens, notamment de livres. C'est pourquoi il est essentiel d'obtenir des fibres aussi claires que possible. L'artisan doit veiller à la pureté des fibres et de l'eau de source pour le traitement et la finition. Les fibres souples de mûrier sont blanchies grâce à une longue exposition au soleil dans un bassin peu profond rempli d'eau de montagne (un ruisseau est dévié vers le bassin) Lesproducteurs industriels occidentaux de papier ont toujours pris exemple sur la fabrication artisanale. Ils se sont surtout inspirés du procédé Japonais qu'il est donc important de décrire de façon très complète. Son importance dans l'histoire du papier est en effet déterminante.

Composants du papier Japonais

Le Kozo (mûrier à papier), le Mitsumata (arbuste à fibres courtes) et le Gampi (famille des thyméléacées, cousin du daphné du Bhoutan) poussent dans les pentes les plus escarpées du sud des îles Honshu et Shikoku (zones très pluvieuses). Les plantes herbacées vivaces atteignent plus de 3mètres de haut en l'espace de 2 ans et sont récoltées au printemps.

Un procédé de fabrication qui est devenu un parangon

Le liber (Couche intérieure de l'écorce du mûrier) est mis à étuver dans une cuve où il est délayé à la vapeur d'eau bouillante afin qu'on puisse prélever facilement les fibres. Après cela, on laisse le liber macérer dans l'eau afin de séparer l'écorce noire extérieure de la partie blanche interne. Les bandes d'écorce sont ensuite lessivées pendant 3 heures dans une lessive de cendres ou dans une solution à faible teneur en carbonate de sodium pour enlever l'écorce dure, la lignine et les autres sèves. Dans un bassin d'eau provenant d'un ruisseau de montagne les fibres molles sont blanchies par une longue exposition au soleil (voir photo 2). L'étape suivante est le battage: dans le mortier de bois, on dilacère les fibres � déjà très tendres à ce stade � à l'aide d'un pilon, puis on les foule. L'utilisation d'instruments en bois évite les impuretés dans les fibres. Ensuite, on baigne le paquet de fibres humides une seconde fois dans le lavoir et on l'agite pour qu'elles soient totalement propres.

Tout un savoir-faire dans la confection de la feuille

Dans le faune, un bassin d'érable, les fibres sont mélangées à de l'eau pure et réparties au moyend'une canne de bambou. Après cela, on ajoute le mucilage, un produit �miracle� à base d'hibiscus manihot (jus des racines du tororo-aoi) qui va gainer chacune des fibres pour les empêcher de s'agglutiner et, une fois la feuille réalisée, de faire en sorte que celle-ci ne colle pas au tamis. Le su (tamis souple en brins de Kaya) est alors fixé dans le keta, un double cadre en cyprès articulé par des charnières. L'ensemble est ensuite plongé dans la matière (fibres, eau pure et mucilage) se trouvant dans le fune et agité vers l'avant puis sur les côtés. Il est très important de plonger le tamis plusieurs fois afin d'entrecroiser les fibres. L'eau ayant été en partie absorbée, les fibres se trouvent en suspension dans de moins en moins d'eau. Le su est alors recouvert d'un voile blanc de matière, �embryon� de la feuille de papier. Si on ne décèle pas de marque ou d'anomalie, on renverse le tamis afin de l'allonger, en un geste lent et progressif, au-dessus du shito, à savoir le plateau destiné à recevoir, feuille après feuille, la pile de papier mouillé.

L�invention du papier : de la Chine au Japon

Retour à la page "supports" - Retour à la page "Magazine 04"

.