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L'histoire du papier
Date : 2001 - Magazine 04 - Supports

Depuis la nuit des temps, l'homme était en quête d'un espace d'expression pouvant lui permettre de matérialiser ses idées. Pendant des siècles, il s'ingénia à trouver toutes sortes de �corollaires� de son esprit. L'homme des cavernes utilisait la pierre, les parois des grottes et les os de ses proies pour graver des signes et peindre des motifs. Les Romains écrivaient sur des �tabellas� (planches de bois recouvertes de cire) et les Grecs sur des ostracons de terre cuite... Tant de supports astucieux mais ô combien fastidieux !

Les égyptiens trouvèrent une alternative plus légère et plus maniable � le Papyrus � et marquèrent ainsi le début de la grande histoire du papier.

Une tradition née dans les eaux du Nil

Il y a plus de 3000 ans, les égyptiens parcouraient les zones marécageuses du delta du Nil pour y récolter un roseau appelé Cyperus Papyrus. Cette plante hiératique pouvait atteindre 2 à 4 mètres de haut! Ils coupaient la tige, présentant une section triangulaire, dans le sens longitudinal en fines lamelles � la longueur des tronçons déterminant la hauteur de la feuille (en moyenne 40 cm) � qu'ils disposaient en long les unes à côté des autres et qu'ils recouvraient d'une seconde couche de lamelles, perpendiculaire à la première. Les fibres étaient entrecroisées et aplaties au marteau. Cette étape s'effectuait en milieu humide, l'eau du Nil en l'occurrence, pour qu'une liaison s'établisse entre les fibres et l'eau. Après cela, l'ensemble était pressé puis on laissait la sève du Cyperus Papyrus sécher. La feuille était enfin lissée et polie à l'aide d'une pierre pour obtenir un papier aux caractéristiques exceptionnelles à l'époque. Les papyrus recevaient pour finir un encollage à l'amidon et les rouleaux de papyrus étaient constitués de feuilles collées latéralement. Vingt feuilles formaient un scapus et plusieurs scapi composaient un volumen. Le recto, où les lamelles se présentaient horizontalement, servait à l'écriture tandis que le verso, laissant transparaître les fibres horizontales, restait vierge.

Souple, résistant et ne buvant pas l'encre, le papyrus devint le support des célèbres hiéroglyphes et de l'ensemble des cultures méditerranéennes. Les égyptiens portaient ce support au pinacle.

Sa fabrication étant relativement onéreuse, le papyrus était avant tout réservé aux textes religieux, littéraires et scientifiques importants. Outre ces manuscrits hiéroglyphiques, son prestige était tel qu'on le plaçait dans la tombe de certains défunts pour témoigner de leur très haut rang social. Le papyrus revêtait une dimension royale et divine dans l'ancienne égypte. Le papyrus est désormais utilisé pour la peinture, l'impression, la décoration ou encore le bricolage. Ce support ancestral confère une dimension fascinante à toutes sortes de créations originales.

Bien qu'il fît florès pendant de nombreux, les, le papyrus vit progressivement son prestige s'étioler au profit du parchemin, et ce à l'aube de l'époque byzantine. De par sa solidité et la possibilité qu'il offrait d'écrire des deux côtés, ce matériau fabriqué en peaux d'animaux tannées � boeuf ou chameau pour ce qui est des Perses et des Hébreux, cuir de chevreuil chez les Mayas et les Aztèques � supplanta le papyrus. Il fut créé à Pergame, royaume hellénistique d'Asie mineure, au IIe siècle avant J.-C. et on assemblait les feuilles de parchemin pour les documents officiels destinés aux archives et pour les textes sacrés. Le parchemin des Perses et des Hébreux ne fut toutefois qu'une transition avant la découverte du papier.

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