Jean ADER
Date : 09/2011 - Artistes
Tout a commencé lorsque en 1997 j'ai suivi une amie dans un cours de sculpture, un atelier où tous les arts plastiques étaient enseignés. Là j'ai pratiqué le modelage, la terre cuite, le plâtre, le fer et divers matériaux, parfois de récupération, pendant 4 ans.
Puis vint un jour où, avec une belle boite de pastels secs neuve que je possédais depuis longtemps j'ai voulu essayer de les utiliser. J'avais à ma portée comme sujets les magnifiques paysages de Gascogne où j'habite. L'application du pastel avec le bout des doigts me donnait la même sensation que la terre. J'avais l'impression de "sculpter" mes paysages. Plus tard mon professeur de peinture me le confirma, je "peignais comme un sculpteur", disait-il.
Je découvrais alors le plaisir de représenter ce que je trouvais beau et de partager ce plaisir.
Ce "beau" était les lignes courbes, pures, féminines de la terre qui m'entourait. Les lignes étaient mises en valeur par la présence d'arbres, d'arbres solitaires, de bosquets ou de petites forêts. Quelques fermes émergeaient de cet océan vert, un peu cachées, paisibles, qui m'ont inspiré une série intitulée "Sérénité".
J'ai toujours aimé les arbres, on ne les respecte pas assez, et j'ai voulu par la peinture leur rendre hommage.

Le besoin d'apprendre s'est alors fait sentir et j'ai suivi des cours de peinture. C'est
ainsi que j'ai connu l'huile. Pendant 5 ans j'ai travaillé dans ce cours.
Dès le début de cette aventure artistique je m'étais installé un atelier chez moi et parallèlement au cours j'y travaillais d'après des paysages que je trouvais en ouvrant tout simplement la fenêtre. C'est de ce moment que j'ai gardé l'idée de peindre le réel, ce que l'on pourrait voir en ouvrant une fenêtre, sans construction préalable.
Le problème fut de transférer l'impression tactile du pastel au bout du pinceau. J'y parvins assez rapidement pour "sculpter" mes toiles, y mettre de la profondeur.
J'optais pour une palette de couleurs de marque (Lefranc Bourgeois) que j'ai appris petit-à-petit à marier entre elles pour rendre les tons variés de cette nature. Notamment dans les verts.
Cherchant à sublimer ces paysages je choisis de plus en plus souvent des sujets dépouillés, ne retenant que l'essentiel pour illuster l'atmosphère qui s'en dégageait.
Paradoxalement, dans le même temps j'ai peint des sous-bois, qui ne sont pas particulièrement sobres.
Le lien commun est une envie de "pénétrer" dans le tableau et de communiquer cette envie pour aller s'y promener.
Ce goût des formes, des courbes douces, devait m'amener tout naturellement à peindre des nus. Il y a là la même recherche du volume, du modelage, et aussi d'une sorte d'absolu dans la pureté des lignes, avec le concours de la lumière.
Des idées de création pure me viennent parfois, totalement inventées. Je sors alors complètement de mon univers pictural habituel, s'y mêlent couleurs vives, formes imaginaires, de la poésie, un brin d'humour parfois. Je crois que dans ces moments-là mes pinceaux expriment joie, bonheur, bien-être.
Pour moi un tableau doit faire "sourire" un mur et je m'y emploie. Un tableau entre chez vous, dans votre vie pour longtemps, il doit y apporter de la joie.
Jean ADER (30.08.2011)
www.jeanader.fr
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