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Claude Monet
Date : 05/2003 - Magazine 07 - Rubriques Peinture / Artistes

"Sur la trace des grands peintres"
Nouvelle série de reportages : redécouvrez un lieu immortalisé par un illustre peintre
1er voyage sur les traces de... CLAUDE MONET
Claude Oscar Monet (Paris 1840 - Giverny 1926).

Grande figure de l'impressionnisme, Claude Monet débute au Havre où il réalise des caricatures de personnages (certaines d'entre elles sont aujourd'hui exposées à l'Art Institute de Chicago). Son pére lui reconnaît des aptitudes dans le domaine pictural et l'inscrit en 1858 à l'école des Beaux-Arts de la ville du Havre afin qu'il puisse se rendre à Paris. Claude Monet s'établit dans la capitale en 1862 et le peintre suisse Gleyre, que lui a présenté un de ses parents, le prend sous son aile.
Les rencontres enrichissantes avec Bazille, Lepic, Renoir et Sisley se multiplient pour Monet qui commence, avec ce petit groupe d'artistes, à poser les jalons du mouvement impressionniste dans leur fief de la Brasserie des Martyrs.

La découverte de Manet pousse Monet à peindre un "Déjeuner sur l'herbe" inspiré de la célébre œuvre du premier, mais peint dans la nature. Il ne présenta jamais cette toile au Salon et elle resta lettre morte dans son atelier. En revanche, il exposa au Salon de 1866 quelques vues de la forêt de Fontainebleau et un portrait de sa future femme Camille Doncieux qui firent florés. Monet travaille aux Batignolles, dans l'atelier de Bazille, durant son séjour parisien. Il s'adonne de plus en plus à la peinture en plein air et utilise des nuances lumineuses. Monet retourne en Normandie et peint en 1867 la célébre "Terrasse à Sainte Adresse", exposée désormais au Metropolitan Museum. Des troubles de la vue interrompent son travail en plein air et il retourne à Paris où son fils Jean vient de naître. Ses présentations de toiles au Salon sont autant d'échecs et il accumule les refus. Lors de la déclaration de guerre de 1870, Monet de réfugie au Havre puis gagne Londres avec sa famille. Daubigny lui présente Durand-Ruel, qui lui achéte plusieurs toiles et atténue ainsi les problémes financiers qui s'étaient accumulés.

La période londonienne permet à Monet de découvrir Turner et le style pictural des paysagistes anglais. Il rentre en France par la Hollande, qui lui inspire plusieurs paysages que vous pouvez admirer au musée d'Orsay, et s'installe à Argenteuil. Il crée un atelier sur une barque et sillonne la Seine en quête d'inspirations diverses émanant des paysages naturels.
Cette "période d'Argenteuil" est considérée comme l'apogée de l'impressionnisme. Le cercle d'amis artistes de Monet - Renoir, Sisley, Manet, Pissaro entre autres - s'y réunit pour des échanges d'idées florissants. Le groupe des impressionnistes ainsi constitué décide d'une exposition commune chez Nadar en 1874. La célébre peinture de Monet "Impression, soleil levant", réalisée en 1872 et exposée aujourd'hui au Musée Marmottan à Paris, subit la diatribe du journaliste Leroy qui utilise par dérision le terme "impressionniste".

Malgré les efforts de son mécéne Durand-Ruel, la situation financiére de Monet va de Charybde en Scylla. Durand-Ruel organise de multiples expositions de 1875 à 1877. Il présente les trés célébres vues de la gare Saint Lazare (musée d'Orsay), dont l'architecture l'avait subjugué, à l'exposition de 1877. Monet s'installe à Vétheuil, sur les bords de la Seine, en 1878. Camille Doncieux met au monde son deuxiéme fils Michel. Son épouse mourra un an plus tard, le 5 septembre 1979. L'artiste s'isole et expose à nouveau à la septiéme exposition impressionniste de 1882. La critique salue les paysages et natures mortes qu'il expose. Durand-Ruel organise plusieurs expositions du groupe impressionniste à l'étranger: Londres, Berlin, Rotterdam, Boston. A l'occasion d'un voyage avec Renoir sur la côte d'Azur, Monet s'enthousiasme pour les paysages méridionaux et immortalise ses séjours à Menton et Bordighera par des compositions picturales trés intenses.
C'est en 1883 que Monet s'installe à Giverny...

Monet fait l'acquisition de sa maison de Giverny en 1890, sept ans aprés s'y être installé
Le chantre de l'impressionnisme s'ingénie à y composer un merveilleux jardin de fleurs et construit un petit pont japonais surplombant un bassin jalonné de nymphéas. Sources d'inspiration pour le peintre, les Nymphéas font l'objet d'une célébre série de peintures. Il expose une série d'études sur les Nymphéas en 1897 chez Georges Petit. Ces paysages d'eau peints entre 1904 et 1906 sont exposés chez Durand-Ruel et sont accueillis trés favorablement par la critique. Monet fait construire un grand atelier lumineux dans son jardin pour approfondir le théme des Nymphéas. Clemenceau fait appel au peintre en 1918 pour se consacrer à une grande décoration de l'Orangerie des Tuileries à partir de ses toiles. Monet achévera cette œuvre magistrale, point d'orgue de sa carriére et reconnaissance suprême, avant de mourir le 5 décembre 1926.

En 1966, la maison, les collections et le jardin de Claude Monet entrérent dans le patrimoine de l'Académie les Beaux-Arts. Plus d'un siécle aprés l'installation de Claude Monet à Giverny, petit village de l'Eure situé à 70 km de Paris, sa maison et son jardin ont conservé toute leur splendeur. La fondation Claude Monet veille à ce que l'aura de l'artiste demeure dans un lieu aux couleurs resplendissantes. A l'époque, Claude Monet employait 5 jardiniers à temps plein qui modifiaient à sa guise le décor floral. Ce sont aujourd'hui 9 jardiniers qui entretiennent minutieusement cet héritage fascinant. Le jardin de Giverny révéle la "passion florale" qui animait à l'époque le peintre et la volonté de se procurer des variétés rares pour le plaisir esthétique de la couleur et des volumes La propriété de Claude Monet se compose en fait de 2 jardins: Le jardin d'eau, que nous allons vous faire découvrir à travers les 4 saisons de l'année, et le Clos Normand.

Le clos Normand s'étend sur environ un hectare

Ce terrain descendant de la maison de Monet jusqu'à la route fut élaboré par l'artiste dés son arrivée en 1883. Ce jardin luxuriant offrit à l'artiste une kyrielle de couleurs et de perspectives. En effet, cette partie se divise en parcelles de fleurs aux volumes et hauteurs variées. L'allée centrale est jalonnée d'arceaux recouverts de rosiers grimpants. La composition florale du jardin est un véritable inventaire à la Prévert: iris, primevéres, pensées, pivoines, clématites, jonquilles, myosotis, etc. Les arbres ne sont pas en reste: cerisiers, pommiers et érables du Japon, marronniers et tilleuls.

L'étang du jardin d'eau a été réalisé par une déviation de l'Epte, la riviére avoisinante. Il cultivera les célébres nymphéas dans ce bassin bordé de saules pleureurs, de peupliers et de cerisiers du Japon entre autres. Une myriade de fleurs agrémente au fil des saisons cet endroit magique: azalées, agapanthes, framboisiers, rhododendrons et pivoines pour ne citer qu'elles.

Les 4 saisons de Giverny

Printemps

Le printemps revêt le jardin de ses plus belles nuances. La floraison y est luxuriante : Narcisses, Tulipes, Jacinthes, Jonquilles, Cerisiers et Pommiers du Japon, Azalées, Rhododendrons, début des Iris, Giroflées, Glycines, Pivoines, Géraniums, Marguerites, Delphiniums... Cet inventaire à la Prévert est à la mesure de la beauté indicible du jardin d'eau à cette saison. Le pont japonais s'intégre merveilleusement à cet environnement. Monet se délectait de cette profusion de couleurs.

été

L'été confére au jardin d'eau une superbe luminosité offrant à l'œil de l'artiste de superbes jeux de reflets. Les nymphéas sont resplendissants et inondés de lumiére. La palette de l'artiste y trouvait de grands moments d'exaltation.

Automne

Le jardin d'eau présente des tonalités chaudes et intenses durant l'automne. Dans un registre tout à fait différent, il demeure majestueux et fascinant. Monet, qui selon ses propres termes peignait ce qu'il voyait, profitait de cette saison trés intéressante pour en mettre en œuvre d'autres nuances et rendre avec le génie qu'on lui connaît cette transformation saisonniére du jardin.

Hiver

L'hiver voit le jardin d'eau de Giverny s'endormir et s'habiller d'un manteau hivernal lui donnant une autre dimension. La neige se faisant extrêmement rare dans la région normande, cette contemplation s'avére être un véritable privilége.

Le jardin de Claude Monet revisité par Eban

Un aquarelliste de génie sachant faire vibrer les couleurs. Né en 1954 au Vietnam, Eban réside depuis 1978 en Alsace. Il a immortalisé cette région dans un recueil de 50 peintures intitulé "Aquarelles d'Alsace" (Les Petites Vagues Editions). L'artiste arriva en France en 1963 et s'établit alors en Gironde. Les paysages pittoresques du Sud-Ouest lui offrirent de premiéres inspirations picturales. La peinture est selon Eban l'expression d'un élan psychologique et un exutoire. L'aquarelle devient trés vite la matiére de prédilection d'Eban car elle lui offre une osmose exaltante entre le papier et l'eau. Ce phénoméne procure souvent à l'artiste de magnifiques surprises chromatiques et pousse la recherche des nuances et des compositions à son paroxysme.

En outre, l'aquarelle est pour Eban une poésie qui peut tout exprimer. La sensualité et la volupté de cette matiére invitent au lyrisme. Chacune de ses œuvres est ainsi source d'un petit poéme. Le parcours d'Eban est jalonné de nombreux voyages qui ont tous donné lieu à des créations prolifiques, qu'il s'agisse de la Floride, de Madére, de la Gironde et de la Normandie. Elles sont ainsi révélatrices des cheminements de l'artiste. Pour son passage au jardin de Giverny, Eban nous a gratifiés d'une superbe réalisation que nous vous proposons ci-contre.

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